Le procès de Swiftair pour homicides involontaires s’est tenu devant le tribunal correctionnel de Paris en mars 2026, près de douze ans après le crash du vol AH5017 survenu le 24 juillet 2014. L’affaire est en délibéré. Aucune décision n’a encore été rendue et le jugement est attendu le 28 septembre 2026. [RFI, France 24, AFP / Boursorama, Le Parisien]
Instruction et expertise (Jours 1 à 6, 9–19 mars)
Durant les deux premières semaines, le tribunal a entendu des gendarmes, des experts judiciaires et des témoins des parties civiles. Les débats ont porté sur le givrage probable de capteurs de pression situés sur le cône de nez des moteurs, la séquence du décrochage, la formation de l’équipage et le lien éventuel entre les manquements reprochés et l’accident. [Le Parisien, La Dépêche du Midi, AFP / Boursorama]
Témoignages des familles (Jour 7, 20 mars)
Le vendredi 20 mars, les proches des 116 victimes ont livré des témoignages poignants à la barre, dans une dignité remarquée par l'ensemble de la salle. Hélène, sœur de Katell (25 ans), a déclaré que « douleur, incompréhension, colère et rage restent intactes ». Sandrine Tricot, présidente de l'association AH5017-Ensemble, a lancé : « Vous m'avez amputée de ma moitié. » Julien, 31 ans, frère de Jennifer, a dénoncé : « Douze ans. Pour attendre quoi ? Des condoléances du vice-président de la compagnie. Cela manque cruellement d'humanité. » [France 3 Normandie, France 24 / AFP, La Nouvelle République, TV5Monde / AFP]
Expert Swiftair et intervention de Llorens (Jour 8, 23 mars)
Le 23 mars, l'expert mandaté par Swiftair, Bertrand Dubucq (société AIRDJUSTING), a remis en cause l'avion lui-même et Boeing, tout en minimisant la question de la formation. Il n'a pas considéré que l'entraînement des pilotes ait eu un lien avec l'accident. La Présidente a ensuite appelé à la barre le vice-président de Swiftair, Fernando Llorens, de façon imprévue. Interrogé sur l'absence de condoléances dénoncée par les parties civiles, M. Llorens a rejeté la responsabilité sur Air Algérie et le contrat commercial liant les deux compagnies. [Orange Actu / AFP]
Audition du représentant de Swiftair (24 mars)
Le 24 mars, Fernando Llorens a maintenu à la barre que les pilotes possédaient « la formation adaptée » et a rejeté toute négligence criminelle. L’adéquation de la formation de l’équipage est restée l’un des points débattus devant le tribunal. [Orange Actu / AFP, Boursorama / AFP]
Réquisitoire et plaidoiries des parties civiles (Jour 9, 25 mars)
Le 25 mars, Maître PETIT (avocat du syndicat de pilotes ALTER) et Maître BUSY ont plaidé pour les parties civiles, suivis du réquisitoire de la Procureure de la République. La procureure a requis une amende de 225 000 €, présentée comme la peine maximale encourue dans cette procédure. [TV5MONDE / AFP]
Plaidoiries de la défense
La défense a plaidé la relaxe de Swiftair. À l’issue des plaidoiries, le tribunal a mis l’affaire en délibéré et annoncé que le jugement serait rendu le 28 septembre 2026. [RFI]